Et si nous réussissions la réindustrialisation ?

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  • Dernière modification de la publication :10 juin 2024


Précédemment, nous évoquions les résultats mitigés des plans, pourtant ambitieux, qui se sont succédés depuis plus de dix ans sans parvenir à relancer l’industrie française.

Certes, la part de l’industrie manufacturière dans le PIB français semble s’être stabilisée autour de 10 %. Mais cela reste en deçà de la moyenne de 15 % au sein de l’UE. De plus, la France reste à la 22ème place européenne sur le nombre de personnes travaillant dans l’industrie.

Si l’objectif de réindustrialisation est une ambition nécessaire, pourquoi les efforts engagés ne produisent-ils pas les résultats attendus ?

Après des décennies de désindustrialisation et de perte de compétences, la logique des grands programmes, qui oblige à rebâtir des écosystèmes complets en espérant qu’ils seront capables de faire vivre des champions potentiels, est-elle encore adaptée aujourd’hui ?

La politique industrielle nationale se fonde encore sur les filières tirées par de grands groupes, les exportations et les innovations de rupture. Or, la notion de filière a perdu de sa substance au fur et à mesure de la mondialisation et de la fragmentation des chaînes de valeur.

Soutenir un renforcement du tissu productif dans les territoires, à commencer par les PME et ETI régionales des secteurs traditionnels composant ce tissu, soutenir dans les régions les projets de ces acteurs industriels, par ailleurs facteurs de cohésion sociale, et accompagner ce soutien d’une politique d’achat plus patriotique, qui permettrait aussi de réduire les importations, ne devrait-il pas être davantage promu ?

[1] Les Echos
[2] Ingaged